Elsa, 23 ans, a toujours été très proche de son frère aîné Franck, spationaute disparu mystérieusement trois ans plus tôt au cours d’une mission spatiale. Un jour, elle est contactée depuis l’espace par une forme de vie inconnue qui prétend pouvoir ramener son frère sur Terre. Mais il y a un prix à payer.

| Réalisatrice : Jérémy Clapin |
| Acteurs : Megan Northam |
| Genre : Science-Fiction / Horreur |
| Pays : France |
| Durée : 89 minutes |
| Date De Sortie (cinéma) : juillet 2024 Date De Sortie (Blu-Ray) : Novembre 2024 |
Après J’ai Perdu Mon Corps, nous ne attendions pas à un retour de Jérémy Clapin avec un film s’affranchissant en grande partie de l’animation.
D’ailleurs… nous n’avons pas vu venir le retour du cinéaste, ce fut à la surprise général quelques jours avant sa timide sortie en salles que Kino Wombat prenait connaissance d’une telle nouvelle.
Bien évidemment, nous avons raté le rendez-vous dans les salles obscures et nous venons aborder Pendant Ce Temps Sur Terre à l’occasion de sa sortie Blu-Ray
Pendant Ce Temps Sur Terre, Les Echos D’un Espoir Chaos
Un Peu Plus Près des Etoiles
Elsa, 23 ans, a un rêve : devenir dessinatrice, artiste libre, étoile faite de papier et de crayon.
Néanmoins, le destin a mis à l’épreuve son esprit, son psychisme.
Franck, son frère, astronaute, a disparu dans la stratosphère. En plein coeur de la ville, une statue commémorative rappelle chaque matin cette étincelle perdue dans le silence cosmique.
Aujourd’hui, Elsa a abandonné ses rêves, elle travaille en tant qu’aide soignante dans la clinique tenue par sa mère. Le poids de l’absence a fait céder la mine.
Un soir, après quelques verres, et un vertige de désespoir, Elsa entend une voix, celle de son frère, détenu par des forces extra-terrestres.
Pour retrouver Franck, elle se doit d’offrir cinq enveloppes charnelles à ces lointains envahisseurs.
Jérémy Clapin surprend avec cette histoire d’amour fraternelle, cette histoire de deuil interstellaire.
Il crée un univers singulier quelque part entre drame intimiste, cinéma d’horreur et science-fiction.
Dans ce magma d’univers qui semble porter la plume du cinéaste depuis quelques années déjà, de manière plus ou moins lointaine, Clapin s’essaie à une narration planante si ce n’est dérobée.
Il essaie de pénétrer la psyché chaotique d’une jeune femme en pleine turbulence, au croisement des chemins, à l’âge où les choix à venir semblent être sans retour possible.

« How Many Time An Angel Fall? »
Pour tenir ce rôle tortueux, entre espoir impossible et désillusion croissante, Megan Northam est particulièrement obsédante. Son interprétation est irréprochable. Elle représente le visage d’une nouvelle génération d’actrices fascinantes, sortant avec puissance et justesse des carcans habituels, intégrant à la fiction une part de son intimité, de ses fractures et errances intimes.
L’étoile brille si fortement qu’elle éclipse les performances alentours. Elle est la lumière incandescente du film.
C’est d’ailleurs l’ampleur de ce rayonnement qui affecte en partie la proposition en présence qui regorge pourtant d’idées, de pensées, mais qui ne parvient pas à développer ses bases.
Ici l’appel de l’espace est si fort, que le cinéaste entre dans une certaine complaisance atmosphérique et joue la carte de l’évasif, tout en suivant un parcours assez creux en matière d’écriture. La réflexion claudique, la caméra s’enivre d’Elsa.
Les personnages périphériques ne deviennent que décors instables, de la famille endeuillée aux amis-façades, il n’y a ni véritable attache, ni structuration fiable en dehors du personnage d’Elsa.
Dans l’obscurité vivote un regard sur l’au-delà, les feu-follets et les âmes qui quittent la Terre pour des ailleurs mystérieux, quelque part dans une flux d’énergie qui dépasse la conscience.
Une piste que l’on aurait rêver parcourir mais qui n’est que sourde impasse.

Dédale Boiteux, Derrière l’étoile, le vide
L’amorce du récit pourtant fascinante durant le premier tiers du film s’essouffle dès lors que le pacte extra-terrestre est passé.
Le schéma narratif s’enferme dans un cheminement fort en répétitions.
De plus, le développement psychologique de Elsa passe par tous les raccourcis psychologiques possibles.
Des larmes aux excès de colère, du rejet à l’errance, de la révolte à la soumission, de la captivité à la liberté, les zones d’instabilité sont abordées avec un geste de déjà-vu, et avec la finesse d’un marteau-piqueur.
Le décrochage est proche… et… pire que tout, l’accompagnement musical à base de nappes de synthétiseur, finit par achever, truc de cinéma particulièrement écœurant ces dernières années.
Et finalement, le parti pris d’osciller entre animation et prises de vues réelles ne fait que renforcer le maquillage de ce malheureux vide.
Un constat assez récurrent en matière de cinéma de genre à la française. Comme si la peur de s’enfoncer dans la création brute, comme si la peur d’oser franchir certaines bordures, tétanisait et que la nécessité de normaliser était incontournable pour exister.
Tout comme pour Nos Cérémonies, Le Règne Animal ou encore Dans La Brume, l’intrigue est curieuse, attrayante, les possibilités immenses et l’envol ne se prend pourtant jamais véritablement.
Une triste uniformisation de ce carcan de cinéma se fait sentir.
Pendant Ce Temps Sur Terre : RAS
Pendant Ce Temps Sur Terre avait tout pour réussir, un synopsis envoûtant, une actrice obsédante, une possible ouverture vers le dimensions invisibles, la poésie et les ailleurs inhérents à l’âme, et pourtant Jérémy se trouve bloqué entre deux chaises, celle de l’admiration des motifs d’Under The Skin, Ad Astra ou encore Premier Contact et cette partition qui ne sait plus où voltiger dès qu’elle quitte son berceau d’origine, n’osant jamais reposer sa silhouette dans les territoires de l’abstraction.
Reste la révélation Megan Northam qui parviendra néanmoins à longtemps résonner en nous.
Une déception…

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray
Image :
C’est vraiment magnifique.
Diaphana propose un master puissant et particulièrement stable.
La majeure partie du film se déroule de nuit et en aucun cas la proposition ne peine pour restituer les nuances et détails. Les noirs sont d’une belle densité et parviennent parfaitement à laisser transparaître les éléments nécessaires au foisonnement du cadre.
De plus, le niveau de détails est poussé donnant à cette quête organique et cosmique toute son ampleur, toute sa verticalité, toute sa profondeur jusqu’au vertige.
Son :
Tout comme pour l’image, le master son est implacable.
Pour notre part, nous nous sommes lancés dans l’aventure à travers la configuration 5.1 qui fait la part belle à tous les canaux et vient cueillir le spectateur avec une puissante scène arrière, mettant en avant les synthétiseurs et ambiances sonores. TOP.

Suppléments :
Deux suppléments conséquents avec le commentaire audio de Jérémy Clapin donnant quelques pistes de lecture et des anecdotes variées mais aussi avec son court-métrage de 2019 laissant s’esquisser son cinéma à venir.
- Commentaire audio de Jérémy Clapin
- Court métrage : « Skhizein » de Jérémy Clapin, nommé aux Césars en 2009 (2008, 13’)


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