Psychiatre criminologue de profession, Herbert Lyutak mène une double vie. Tueur en série psychopathe souffrant d’impuissance, il assassine des jeunes femmes, tout en collaborant avec la police chargée de retrouver le tueur. Lorsque Marzia, son épouse, fouille dans ses affaires, un linge taché de sang lui confirme les soupçons qu’elle avait déjà.

| Réalisaeur : Renato Polselli |
| Acteurs : Mickey Hargitay, Rita Calderoni, Raul Lovecchio |
| Genre : Giallo |
| Pays : Italie |
| Durée : 104 minutes |
| Date de sortie : 1972 (salles) // Décembre 2025 (Blu-Ray) |
L’Italie est terre prospère chez Le Chat Qui Fume.
Depuis leur passage au Blu-Ray, il y a bien des années de cela, l’éditeur s’est lancé dans un parcours d’exhumation de cinéma d’exploitation transalpin fascinant, avec des oeuvres plus ou moins connues allant de Dario Argento jusqu’à Silvio Amadio en passant par Lucio Fulci, Umberto Lenzi ou encore Sauro Salvini, avec le giallo pour fer de lance.
Et l’avantage avec le pays de Casanova, c’est qu’il s’agit d’un puits sans fond en matière d’Eros et de Thanatos.
C’est donc en explorant cette étonnante corne d’abondance faite de crimes et d’érotisme que Le Chat Qui Fume vient à nous proposer ce titre extrêmement rare qu’est Delirio Caldo réalisé par Renato Polselli, restauré il y a de cela quelque temps par Vinegar Syndrome.
Delirio Caldo, le giallo des troisièmes couteaux, vulgaires outrances et poussives hallucinations
Herbert Lyutak est psychiatre criminologue, le jour, et tueur en série, la nuit.
Il fait payer son impuissance sexuelle à la moindre jeune femme qui croise son chemin, une fois le soleil couché.
Aidant la police à mener cette affaire de meurtres, Lyutak en profite pour jeter des pistes envers des innocents qui ont tout du potentiel maniaque.
Le soir rentré, son épouse, elle, voit clair dans ce petit jeu qui commence à se faire de plus en plus dangereux. Lyutak devient hors de contrôle dans leur intimité, allant jusqu’à hanter les rêves de son épouse.
Le monstre ne peut plus se dissimuler.
Curieux voyage que ce Delirio Caldo, giallo de fond de tiroir généreux, qui ne cesse d’essayer de faire moduler les mécaniques inhérentes au genre poussant toutes les dynamiques dans des outrances aussi surprenantes que désespérantes.
Dès son ouverture, la proposition dévoile le criminel, ses motifs et observe l’incapacité de la police d’avancer dans l’enquête, ne cessant d’emprunter fausses pistes et impasses.
Nous, spectateurs, ne sommes pas dupes.
Le montage est grossier mais relativement nerveux pour saisir la rétine.
Polselli propose un déchaînement de violence et d’érotisme, un balancier fou entre Eros et Thanatos.
Le récit ne tient pas la route, un second meurtrier s’invite à la partie, l’horreur ne cesse de se décupler, l’érotisme déborde, la rétine est hypnotisée, et ce même avec un jeu d’acteurs lamentable.
Delirio Caldo est un peu comme si on se perdait quelque part entre Lenzi, et ses enquêtes farfelues à la Couteau de Glace, et les expérimentations déviantes de Fulci dans Le Venin De La Peur.
Cependant, ici, il n’y a pas la juste retenue de Lenzi pour maintenir le récit sur le fil, ni la grandeur de Fulci dans l’exploration de l’inconscient.


Il est difficile de savoir à quel moment la recette tourne au roussi, si cela provient du processus créatif de Polselli ou bien des performances minables d’un certain Mickey Hargitay, qui semble assez fier du naufrage de sa performance.
Néanmoins, la proposition entre dans un carcan de films de vidéo-clubs qui parvient à avoir le charme de ses excès, la démence de ses errances.
Le temps file, on rit, on se plaint, on reste circonspect, le tout avec un petit rictus narquois assez agréable. Polselli tire sur tous les champs du giallo, les tords jusqu’à épuisement entre voyeurisme, humour grinçant, sauvagerie, suspense à trois sous et whodunit coulant.
Bref, Delirio Caldo est un film bis complètement arraché, un giallo hystérique tenu par une équipe de troisièmes couteaux et surtout un véritable plaisir régressif où les femmes, dans un acte de clôture chaos, n’hésitent pas à saisir les armes face à des hommes, primitifs et crétins, ne répondant qu’à leurs névroses enfouies derrière leurs braguettes.
L’Italie dans tout son mauvais goût, un plaisir de bisseux.

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray
Définitivement, Le Chat Qui Fume a quitté le champ des éditions Digipack, pour raisons économiques, prenant la tangente du côté des éditions scanavo avec fourreau cartonné.
Delirio Caldo entre dans cette gamme de produits, façonnement qui rappelle certaines éditions Vinegar Syndrome, et bien qu’il y ait la frustration du changement de la forme il faut reconnaître que les éditions sont toujours de très belle qualité.
Pour cette vague de titres, Frédéric Domont réalise à nouveau un travail-écho parfait au film avec deux visuels avant, celui de l’étui cartonné et celui de du visuel Scanavo.
Nous sommes particulièrement fascinés par la simplicité hypnotique du visuel présent sur le fourreau.
C’est d’ailleurs ce travail graphique qui nous a poussé à commencer par ce titre pour les chroniques des titres de l’éditeur arrivés en cette fin 2024.
Image :
Le master en présence provient de la restauration 2023 proposée par Vinegar Syndrome.
Restauration 4K à partir du négatif original 35 mm, la copie est resplendissante et ne présente que peu de défauts, si ce n’est quelques micro-craquelures et poussières fugaces.
Le niveau de détails est enivrant offrant une profondeur très appréciable et des gros plans riches en détails.
De plus, le travail colorimétrique effectué est saisissant avec des couleurs vivantes, de belles saturations et des modulations ainsi que variations tonales d’une large palette.
Son :
Italien & Français en DTS-HD MA 2.0
La piste française n’a pas été testée.
La piste italienne est particulièrement solide.
Certaines séquences, comme celle du rêve, sont plus riches que d’autres et lorsque le besoin de redoubler d’intensité débarque Delirio Caldo tient parfaitement la route.
Les voix sont audibles, la bande originale présente de belles dynamiques et l’atmosphère sonore est au rendez-vous. Simple et efficace.

Suppléments :
• Radio Polselli (21mn30) :
Entretien téléphonique avec Renato Polselli durant lequel le réalisateur de Delirio Caldo revient sur sa carrière de manière assez large entre grands axes et anecdotes, abordant les différents genres cinématographiques traversés durant une filmographie fournie allant du western à l’horreur, en passant par le film de guerre.
Un enregistrement de grande qualité, tant dans le contenu que dans les dynamiques sonores.
Un beau moment pour plonger dans la filmographie d’un cinéaste qui était inconnu du côté de Kino Wombat.
• Du pure délire avec le compositeur Gianfranco Reverberi (14mn30) :
Retour sur la rencontre entre le cinéaste et Gianfranco Reverberi, les modalités de composition et la manière de travailler du compositeur. Reverberi est très sympathique et écouter son récit est vraiment très agréable. Prenez 15 minutes, asseyez-vous et voyagez !
• Séquences coupées ou alternatives du montage français (5mn)
Quelques séquences coupées d’érotisme, tirant parfois même vers des champs plus démonstratifs, et de crimes. Bref, de l’outrance.
Pour découvrir Delirio Caldo en Blu-Ray :
https://lechatquifume.myshopify.com/products/delirio-caldo?srsltid=AfmBOorHOjuHAnDeF2gsByLurLkdWoVB_xwekI7IIDDbJN3b0I80t-Rj


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