Pour avoir voulu sauver Betsy, une jeune tribale, d’un sacrifice rituel en Thaïlande, un an auparavant, le Dr Yuen Chen est victime d’une malédiction du sang lancée par Aquala, un puissant sorcier. Condamné à une mort certaine, Yuan n’a d’autre choix que de quitter Hong Kong pour se rendre dans le repaire du sorcier maléfique, afin de mettre un terme à la malédiction.
En cette fin d’année 2024, et ce début d’année 2025, Le Chat Qui Fume continue son tour du monde et fait escale à Hong-Kong, territoire tout indiqué pour cet éditeur spécialisé en matière de cinéma halluciné, de films étranges.
Pour débuter le voyage : La Septième Malédiction et Les Guerriers Du Temps.
Deux films proposés en Blu-Ray avec fourreau.
Premier arrêt : La Septième Malédiction.

| Réalisaeur : Lam Ngai-Kai |
| Acteurs : Maggie Cheung, Chow Yun Fat, Siu-Ho Chin |
| Genre : Fantastique, Action, Aventure |
| Pays : Hong-Kong |
| Durée : minutes |
| Date de sortie : 1988 (salles) // Décembre 2025 (Blu-Ray) |
La Septième Malédiction, l’aventure damnée et ses coups de sang
Lors d’une mission périlleuse en Thaïlande rurale, où il sauva une jeune femme du nom de Betsy des rites macabres d’une tribu occultiste reculée, le Dr Yuen Chen tombe sous le coup d’un effroyable sort.
Son sang va pourrir, son corps se tordre, jusqu’à souiller son coeur.
Durant leur fuite du temple sacrificiel, en pleine jungle, Betsy prodigue un soin qui repoussera l’échéance de la mort imminente du docteur.
Pour cela, elle extrait de sa poitrine un artefact fait de chair et de sang à avaler.
Un an plus tard, le mal vient à renaître, le Dr Yuen Chen se doit alors de replonger dans le cœur de la forêt thaïlandaise pour affronter le gourou de la tribu et annihiler une bonne fois pour toute la malédiction.
Il part en compagnie d’un spécialiste en magie noire.
Il ne lui reste que sept jours avant le trépas.
Lam Ngai-Kai, cinéaste qui se traîne une filmographie douteuse mais exaltante pour les mordus de cinéma bis artisanal, propose avec La Septième Malédiction un curieux spectacle reprenant tout autant les lignes narratives du cinéma d’aventure américain que les outrances graphiques du cinéma hongkongais.
Entre Indiana Jones et Le Temple Maudit et Les Aventures De Jack Burton, il y a ici la volonté de croiser, dans un certain fracas, civilisation moderne et croyances tribales.
La toute puissance relative des armes à feu face au caractère traversant, intangible et insidieux des sortilèges.

Lam Ngai-Kai, ici, ne joue pas la carte de la copie rassie.
Il s’élance dans un vrai travail d’hybridation des genres structurant une proposition croisant action, gore, aventure, horreur, romance, érotisme, humour et arts martiaux.
Une parade aux allures de pot-pourri dans lequel tout tient in extremis défile.
Un spectacle fait d’acteurs géniaux, à savoir Maggie Cheung et Chow Yun Fat, délivrant des performances boiteuses, d’effets visuels grand-guignolesques crasses savoureux et d’un montage sous psychotrope.
C’est justement dans ce dispositif chaotique, et hasardeux, que le cœur chavire.
La possibilité de s’évader dans un divertissement d’une simplicité enfantine ensorcelle, faisant s’affronter le bien et le mal, constitué de dialogues d’un niveau CP, reposant sur une étrange maladie du sang faisant écho au VIH et avec pour seul secours face à la malédiction : des remèdes poussant dans la poitrine des jeunes femmes.
Tout est grinçant, grivois et racoleur.
Une expédition de mauvais goût, particulièrement régressive, et euphorisante.
La Septième Malédiction est un peu le film d’aventure sale et grossier que nous aurions rêvé de découvrir à l’adolescence, un film qui ne connaît aucun temps mort et qui comble les errances de récit par des séquences copieuses, hypnotiques, d’arts martiaux, de léger érotisme, d’horreur, d’hystérie ambiante.
Le caractère fauché de l’oeuvre décuple son attrait avec des effets plastiques dégoulinants à la dimension organique saisissante.
La réalisation de Lam Ngai-Kai, au casting 5 étoiles, fait partie de ces oeuvres cinématographiques boiteuses dont on ne peut se passer, dont les répliques complètement arrachées résonnent en nous, où le temps semble s’être arrêté pour nous proposer le temps d’un film de nous amuser comme des gosses.
Danger. Humour. Action.

Les Caractéristiques Techniques de l’édition Blu-Ray
Le Chat Qui Fume propose une bien belle édition, dans ses nouveaux apparats scanavo avec fourreau cartonné.
La couverture du fourreau comme une grande partie des films HK proposés par l’éditeur ont été illustré par Tony Stella, un choix merveilleux qui offre à l’édition de La Septième Malédiction un visuel véritablement fascinant. De plus, l’édition contient un superbe petit livret rédigé par Paul Gaussem.
Concernant le reste de la structure visuelle et de la couverture du scanavo, il s’agit du travail toujours très apprécié de Frédéric Domont. Bref, c’est beau.
Image :
Très certainement issu de la restauration 2K proposée par 88 films il y a quelques mois, La Septième Malédiction dispose d’un beau rendu, aux détails soutenus, sans pour autant atteindre les restaurations au scalpel 4K actuelles.
Certaines zones périphériques sont parfois plus ou moins nettes et offre d’agréables reliefs sur les gros plans, plus particulièrement sur les effets plastiques gore qui laissent transparaître un certain chaos organique réjouissant.
La palette de couleurs est également très agréable, parfois un peu trop chargée pour appuyer l’impact visuel. La colorimétrie apporte parfaitement la dimension film d’aventure 80s.
Loin d’être parfait, le master en présence est bien plus qu’agréable. Un chouette moment.
Son :
Cantonais en DTS-HD MA 2.0
L’unique piste en présence est tout comme le master image, stable, avec de bonnes balances mais tirant quelques fois sur les aigus, avec de petites saturations dans les aigus.
La proposition laisse assez de place entre les pistes instrumentales, ambiantes et les voix.

Suppléments :
• Lam Nai Choi, le grand artisan de Hong Kong par Julien Sévéon :
Julien Sévéon avec sa diction envoûtante et ses cheminements explicatifs particulièrement bien structurés s’enfonce dans la carrière du réalisateur et donne une folle envie de découvrir plus en détails sa filmographie, certains recoins de cinéma HK outranciers.
• Interview de l’acteur Chin Siu-Ho (21 min) :
• Film annonce
L’édition contient également un livret rédigé par Paul Gaussem extrêmement intéressant abordant le cinéaste, les influences du film, le bouillonnement du cinéma asiatique et les dernières heures avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine.
Pour découvrir l’édition Blu-Ray de La Septième Malédiction :
– https://lechatquifume.myshopify.com/products/la-7eme-malediction?srsltid=AfmBOoorJS3dD_biS1PJSfvXx0PEPWiyFvZW0WfNPU1QqTbgactiWGde


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