« Companion » réalisé par Drew Hancock : Critique

Josh et Iris semblent incarner le couple parfait. Mais lors d’un week-end entre amis qui vire au drame, un secret bien gardé fait tout basculer…

Réalisateur : Drew Hancock
Acteurs :  Sophie Thatcher
Genre : Horreur, Science-Fiction
Pays : Etats-Unis
Durée : 97 minutes
Date de sortie : 29 janvier 2025

Premier long-métrage réalisé par Drew Hancock, Companion attire mon attention depuis quelques semaines, si ce n’est depuis quelques mois.
L’origine de cette curiosité : le nom de Zach Cregger en tant que producteur.
Zach Cregger, réalisateur de Barbare, avait réussi à créer un sentiment de peur, d’effroi, en travaillant les backrooms et autres légendes urbaines. Une émotion de plus en plus rare en matière d’horreur.

C’est donc plein d’espoir que je me suis mis à espérer la naissance d’un nouveau « collectif » horrifique de cinéastes états-uniens.
Un réseau d’entraide entre créateurs pour faire émerger une nouvelle vague de terreur grand public.

Companion conduit le regard spectateur en pleine forêt, pour un week-end entre amis, dans une villa dernier cri détenue par un certain Sergueï.
Le week-end de rêve peut débuter. Un week-end de rêve rongé par les silences et glitches relationnels.

Ici, les petits secrets sont légion et tout un chacun a connaissances d’informations intimes destructrices sur les uns et les autres, un fragile et incendiaire château de cartes.

Au lendemain d’une soirée arrosée, Iris se fait agresser, en bord de lac, par le riche propriétaire de la bâtisse. Sergueï tente d’abuser d’elle. Dans le fracas des corps en lutte, Iris réussit à saisir un couteau qu’elle plante dans la carotide de Sergueï.
Terrifiée, Iris se précipite dans la maisonnée et raconte, tremblante de panique, sa mésaventure ayant conduit le fortuné au trépas.
La bande de copains se regardent. Josh, éteint Iris, sa compagne et robot de compagnie.
Dans l’ombre de la machine, le groupe d’amis tente de trouver une solution.
Mais s’agit-il d’un accident… ou bien d’un crime prémédité ?

Le cinéaste pour ce premier long-métrage en tant que réalisateur s’essaie à une formule hybride. Il tente de croiser comédie, enquête, horreur et film de société.
Néanmoins, sur chacun de ces tableaux, Drew Hancock n’en maîtrise aucun. C’est la déconfiture.
En tentant de concevoir un espace de réflexion autour des rapports homme/femme, mais surtout en essayant d’observer l’animalité et la roublardise de la gente masculine, le réalisateur vient à user de tous les sentiers battus.
Companion est une oeuvre tristement générique qui n’articule sa maïeutique, tant est qu’il puisse y en avoir une, que dans les restes de la production américaine de bas étage, dans les carcasses fumantes d’autres naufrages. La réalisation de Drew Hancock est le chaînon manquant entre les oeuvres branquebalantes que sont Don’t Worry Darling et M3gan.

L’image est polissée, aussi standardisée qu’une production Netflix, et aucune aspérité ne semble venir troubler ces espaces ultra-connectés, où l’humain à portée de smartphone en vient à contrôler tout autant son véhicule que son amant.
Une esthétique glacée qui aurait pu jouer sur des tableaux proches du Invisible Man de Leigh Whanell ou encore du Swallow de Carlo Mirabella-Davis mais il n’en est rien, aucune balance, aucun contraste, le caractère putride des personnages ne ressort jamais.
D’ailleurs, en soit, les personnages, eux-mêmes, ne possèdent aucun reliefs, ne sont que caricatures rendant difficile toute tentative de rapprochement émotionnel pour le spectateur.

Cerise sur le gâteau, le cinéaste semble être amoureux de cette impasse intellectuelle, le cinéaste est fier de nourrir le spectateur de son infâme bouillie.
De cette proposition, on pourrait retenir principalement la performance de Sophie Thatcher qui éveille une once d’intérêt en matière d’interprétation, mais bien trop peu pour porter un quelconque attrait pour ce Companion. On préfère finalement l’oublier.

Companion est ce que vous pouvez trouver de plus médiocre en salles, en terme de cinéma horrifique.
Un nom de plus dans une liste qui semble se rallonger un peu plus chaque mois.
Drew Hancock est un cinéaste insipide, à la plume inexistante, ne sachant que jouer de collage avec un maelstrom référentiel de mauvais goût.
Le cinéaste ne traite aucun sujet qu’il aborde, ce dernier préfère ouvrir des pistes et les remplir de formalités.
Il s’agit ici d’un conglomérat de toutes les fausses bonnes idées d’un cinéma teen « engagé».

Bref, le états-uniens à tendance horrifique continue sa longue traversée d’une nuit qui n’appelle qu’au sommeil… Désespérant.

Une réponse à « « Companion » réalisé par Drew Hancock : Critique »

  1. Avatar de COMPANION : système de défense activé – Watchbuddy

    […] en parlent également : Dunnoz Movie, Kino Wombat ou Cinephile […]

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