
| Réalisateurs : Vicious Brothers (Grave Encounters 1) & John Poliquin (Grave Encounters 2) |
| Acteurs : Benjamin Wilkinson, Sean Rogerson, Richard Harmon, Ashleigh Gryzko |
| Genre : Horreur, Found Footage |
| Pays : Canada, Etats-Unis |
| Durée : 92 minutes et 100 minutes |
| Date de sortie : 2011 & 2012 Août 2025 (Blu-Ray) |
Le found footage est un geste de cinéma poussant à l’exhumation, si ce n’est à la résurrection de l’image.
Originellement, il s’agit de projeter des enregistrements retrouvés, pellicules perdues et films oubliés.
C’est avant tout un acte mémoriel qui trouve sa place tant dans le cinéma documentaire qu’expérimental à la quête d’une mémoire intime mais également collective, les fragments d’une fresque, des parcelles d’humanité.
Le procédé a cependant été repiqué et déformé. Un geste devenu maniérisme qui s’est décuplé et a dévoré le terme premier, faisant du found footage un sous-genre horrifique.
On en trouve alors des traces dès le début des 80s avec Cannibal Holocaust, qui forme l’entièreté de son récit sur des bobines retrouvées au fin fond de la jungle, puis la manière sera scellée avec Le Projet Blair Witch à la fin des années 90.
Même si cette dénaturation du procédé du found footage, passant de quête de la mémoire à documents mensongers de divertissement, n’est pas toujours ragoutante, il faut reconnaître que dans la plâtrée de productions fantastiques indigestes ayant été servies ces 25 dernières années quelques créations ont su marquer les esprits à savoir Leaving DC, Creep ou encore quelques chapitres de la saga V/H/S.
Dans cette vague imposante de productions, il y a des titres cultes qui n’avaient jusqu’alors pas encore trouvé chemin vers les rétines voraces derrière Kino Wombat, ce qui est le cas du classique diptyque Grave Encounters.
Qu’en est il alors ?
14 ans après la sortie du premier film, ESC exhume Grave Encounters et propose pour cela une édition regroupant les deux films.

Grave Encounters, légendes urbaines et autres farces
Lance Preston et l’équipe de l’émission Grave Encounters, une télé-réalité autour de la chasse aux fantômes, tournent un épisode dans l’hôpital psychiatrique abandonné de Collingwood où, chaque année, surviennent des événements inexpliqués. Soucieuse de pimenter son émission, l’équipe se laisse volontairement enfermer pour la nuit et débute, caméra à la main, son enquête paranormale.
Ça y est, nous y sommes.
Nous venons de pénétrer dans l’asile le soit-disant plus terrifiant, et hanté, en matière d’horreur moderne, l’hôpital psychiatrique abandonné de Collingwood, et nous sommes en compagnie de Lance Preston, enquêteur paranormal de renom ayant sa propre émission, le temps d’une nuit fantomatique.
Le lieu interdit ouvre ses portes, l’équipe de l’émission parcourt les espaces délabrés, laisse au spectateur le temps de saisir les relations entretenues entre l’animateur, les invités et les techniciens de l’émission, et façonne une cartographie de l’hôpital.
Les Vicious Brothers prennent le temps, un peu trop même, d’installer le cadre, l’ambiance et les personnages.
Un temps introductif au ton artificiel, aussi artificiel que l’escroc qu’est Lance Preston.
La tension monte, les mystères se glissent et lorsque l’horreur s’exhibe… il y a comme qui dirait un couac, tant technique que structurel.
Les créatures, fantômes et autres démons, appelez-les comme vous voudrez se dévoilent de manière frontale, sont d’une mocheté numérique édifiante et le récit mis en place durant de longues minutes n’est finalement pas assez solide et intéressant pour qu’on s’y intéresse.
Pire, le désintérêt pour les personnages empêche toute possibilité de sombrer dans des ténèbres si manipulés qu’ils ressemblent finalement aux maisons hantées de fêtes foraines mal éclairées où les mécaniques sautent aux yeux et où l’on attend péniblement de retrouver la sortie pour râler face à l’esbroufe vécue.
C’est cela Grave Encounters, premier du nom, une attraction superficielle et bouffie, à l’égo surdimmensionné, qui a eu une promotion bien chanceuse.
Un accident de cinéma qui explique de ce fait le naufrage Gonjiam : Haunted Asylum, remake tout juste dissimulé, petit cousin admiratif d’un aîné puant.
C’est moche, fade et risible.
Cela a la même saveur que les investigations du dimanche après-midi à la télévision, factice et soporifique.

Grave Encounters 2, failles méta et autres hystéries
Un étudiant en cinéma qui est obsédé par le film « Grave Encounters » décide, avec ses amis, de se rendre dans l’hôpital représenté dans le long métrage.
Après la déconvenue Grave Encounters, premier du nom, il est bien difficile de se lancer vers sa suite surtout lorsque celle-ci est elle-même moins appréciée par les fans.
En posant son intrigue à partir de la résultante du premier film, dans l’esprit d’un adolescent influenceur, le film cette fois-ci réalisé par un certain John Poliquin a la vertu du contre-pied.
Une optique qui récupère les ingrédients du premier chapitre pour les compiler et les détourner, acceptant la part de grotesque de son aîné et en travaillant ces traits pour plonger au coeur des mystères de l’asile psychiatrique abandonné, dans un voyage à travers le temps et les dimensions, décérébré et et dynamique.
Grave Encounters 2 est finalement à la manière d’Evil Dead 2, toute mesure gardée évidemment, une suite désinvolte, survoltée et inventive ne s’encombrant plus de l’intrigue du premier volet pour véritablement s’amuser tant en terme de mise en scène que de contenu narratif.
Ici le synopsis tient en une phrase, juste ce qu’il faut pour retourner dans l’hôpital hanté, et plonger librement dans ces couloirs pour finalement rencontrer l’horreur.
C’est foutraque et agréablement stimulant.
Les personnages sont complètement aliénés, les lieux deviennent des dédales malveillants et le rythme trouve une pulsation telle que l’attention est constamment relancée.
Il n’y a pas forcément la peur, ni la terreur, mais un frisson, celui de découvrir derrière la bêtise du projet un monstre terrifiant, la glaise des Creepy Pasta est là.
Poliquin qui ne connaîtra plus jamais la chance de tourner de long-métrage a le mauvais goût nécessaire pour créer du divertissement horrifique, équilibre entre humour douteux et guignolesque grinçant, et accepter de déjouer l’ennui du dispositif du found footage horrifique pour ouvrir un grand huit excessif, bancal mais étrangement amusant.

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray
ESC a eu l’excellente idée de compiler les deux films en une seule édition, permettant de réduire la dépense pour le consommateur et d’offrir une édition plutôt complète, tant pour les curieux que pour les connaisseurs.
L’édition se présente sous la forme d’un digipack avec fourreau renfermant deux Blu-Ray, un film par disque.
L’objet est soigné et trouvera une bien belle place dans les armoires des collectionneurs.
Image :
C’est un peu ce que l’on cherche dans un found footage horrifique, son image crasse, abîmée, frappée, stigmatisée, reposant sur des formats video amateurs pour apporter à l’expérience une dimension « réaliste » et tangible.
C’est donc toujours délicat de s’aventurer du côté de l’évaluation pour ce type d’oeuvres et pourtant le duo Grave Encounters s’en sort assez bien du fait que l’image usée, exhumée, repose semblerait-il sur des images originelles de bonne facture, pour avoir une dimension moderne, ayant connu des modulations en post-prod pour donner l’impression d’une vidéo chaotique.
De ce fait, le passage à la haute définition est aisé et les limites du gain se trouvent finalement dans les souhaits des cinéastes.
Ayez en tête que le contraste est appuyé, que les noirs sont suffisamment profonds, que le niveau de détails est certain, plus poussé que sur DVD, de loin, et surtout que le travail colorimétrique, tant dans les images en vision nocturne que les images à la lumière de la lampe torche, est une réussite.
Son :
Les deux films bénéficient d’une piste VOSTFR 5.1 Dts-HD MA et d’une piste VF 2.0.
Le test de l’édition a été mené en VOSTFR afin d’expérimenter le film dans des conditions optimales et sa spatialisation 5.1.
Et bien le grand huit attendu est au rendez-vous avec un usage des canaux surrounds parfois poussifs mais diablement récréatifs, la raison d’être du film en présence en soit, et une véritable clarté dans la profondeur du spectre sonore permettant d’orienter le regard, de vivre l’horreur.
Les voix sont parfaitement placées au coeur du mix.
Vous trouverez ce que vous êtes venus chercher.

Suppléments :
ESC a été équitable pour les deux films et propose pour chacun d’eux un contenu égalitaire : making-of, coulisses et autres.
C’est un contenu pour le moins complet et étrangement dans le cas des making-of on se retrouve à plus croire à l’horreur du fait d’images parfois plus brutes que celles du film, et donc plus proche de la dimension found footage.
En ce qui concerne la fin alternative du premier film, c’est toujours une agréable aventure que de s’essayer à une conclusion modulaire qui accompagne bien plus le regard sur l’intrigue générale du premier film. Moins abrupt et plus complet.
Enfin, l’entretien présent sur le second film apporte plein d’anecdotes et de dimensions intrigantes et intéressante. C’es court, peut-être trop, mais plaisant.
Deux Behind The Scène sont également proposés en VO.
Ci-dessous la liste des différents suppléments :
Grave Encounters
Making of d’époque
Fin alternative
Behind The Scenes (VO)
Bande-annonce
Grave Encounters 2
Making of d’époque
Entretien avec l’acteur principal, Richard Hammon
Behind The Scenes (VO)
Bande-annonce
Pour découvrir Grave Encounters 1 & 2 en Blu-Ray :
https://www.esc-distribution.com/accueil/10744-coffret-grave-encounters-1-2-2-bd-edition-limitee-3701432022420.html?srsltid=AfmBOoqyP3LyUkKEHTRwO-BgJwyiO119S2PK2OoLla1xSFFsDeuNN_MF


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