Dans la petite ville portugaise de Bouzano, les habitants préparent une grande fête commémorative. Mais l’événement réveille accidentellement les redoutables templiers morts-vivants exécutés cinq siècles plus tôt pour hérésie. Aveugles et implacables, ces spectres sortent de leurs tombeaux pour semer la terreur. La panique s’installe alors, et les villageois tentent de se barricader. Aucune arme ne semble capable d’arrêter leur marche funèbre. Malgré tout, les villageois, avec l’aide de Jack Marlowe, venu retrouver sa fiancée Vivian, vont tout mettre en œuvre pour éliminer les templiers maudits.

| Réalisateur : Amando De Ossorio |
| Acteurs : Tony Kendall, Fernando Sancho, Esperanza Roy |
| Genre : Horreur |
| Pays : Espagne |
| Durée : 91 minutes |
| Date de sortie : 1975 (salles) / 2024 (4KUHD / Blu-Ray) |
Longtemps resté à l’état de fantasme, la tétralogie des templiers semble progressivement se débloquer au niveau des droits internationaux.
Les fans et les curieux sont aux anges, surtout que Le Chat Qui Fume a même le luxe de sortir d’autres oeuvres d’amande de Ossorio.
Alors la tétralogie est en chemin, mais il ne fallait pas non plus espérer que la tâche soit si aisée après de si nombreuses années à rêver.
L’an dernier sortait le quatrième opus, quoi de mieux que de commencer par la fin, et cette année 2026 nous gâte du second film ainsi que du troisième film de la saga.
Nous continuerons donc notre épopée, après une chronique passée de La Chevauchée des Morts-Vivants, par le deuxième film de l’odyssée, à savoir, Le Retour des Morts-Vivants.

Le Retour des Mort-Vivants,
Feu au village, feu à la bobine
Sachez-le, et c’est certainement pour cela que la saga a mis tant de temps à sortir des cales, si vous cherchez des templiers morts-vivants espagnols, dirigez-vous dans la campagne portugaise, dans des villages abandonnés, isolés, ou bien dirigez-vous en plein océan, dans la brume, et espérez rencontrer un galion.
La malédiction des templiers sévit tout d’abord en ruralité, à l’abri des regards, dans les ruines et villages corrompus. Et surtout, jamais en Espagne, ces derniers pourraient irriter Franco.
Pour Le Retour des Morts-Vivants, le cinéaste espagnol s’enfonce dans la pampa, direction une commune de quelques centaines d’habitants, tenue par un maire à la poigne de fer, à la bedaine rebondie et au sourire qui sent l’oseille.
En périphérie du centre, des ruines surplombent le village.
Dans ces espaces reculés où la pierre raconte les malédictions passées aux fous, le simplet du village compte bien accomplir un rite secret : verser le sang d’une jeune femme pour faire renaître les templiers damnés.
Voilà, vous avez à peu près tout.
Imaginez ensuite des amours maudits, des magouilles, des superstitions et des lâches.
Lâchez une armée de templiers se déplaçant au ralenti mais à la frappe lourde.
Observez l’humanité se désorganiser et se trahir face au surnaturel.

Amando de Ossorio rend hommage à un cinéma qui lui est cher, ayant marqué ses premières années en tant réalisateur, le western.
Il quadrille ainsi son film entre récit d’horreur, western et film d’assaut.
Un condensé qui rappelle curieusement la moelle du cinéma d’un certain John Carpenter.
Il y a tout un magma de cinéma d’exploitation et il est évident qu’Ossorio répond aux attentes de son époque et masque ici le western, version bis repetitae de Rio Bravo, avec les apparats des morts-vivants. Il suit le filon et garde son identité bien ancrée.
Ce qui offre un film claudiquant, jamais véritablement western, jamais véritablement film d’horreur.
Dans cet entre-deux où il ne parvient pas à se décider, il plante son récit qui n’avance jamais et n’offre ni explications, ni ressorts narratifs.
Il y a des morts, du sang, des effets spéciaux douteux, bref, tout ce que l’on attend, mais il n’y pas le plus important, à savoir, de l’intérêt pour ce qu’il se passe à l’écran.
Les personnages sont vides et la malédiction n’est jamais véritablement abordée.
Amando De Ossorio s’enquiquine à créer un lieu, des liens entre les personnages et une atmosphère à la ville mais en oublie son histoire horrifique.
Il oublie son récit, et même pire, il conçoit un village et ses habitants sur des poncifs absolument consternants.
Il tente de questionner l’Espagne de Franco, observe des églises vidées de leurs substances, essaye de donner une impression de fin des temps mais s’arrête toujours à l’esquisse du motif.
Hormis quelques bonnes trouvailles, que l’on retrouvera maîtrisées dans le Prince des Ténèbres de Carpenter, mais aussi dans le cinéma de Lucio Fulci au début des années 80 dans L’Enfer des Zombie, il faut avouer que Le Retour des Morts-Vivants est une douche froide que l’on aurait aimé apprécier, que l’on s’efforce d’excuser alors que le temps se fait cruellement ressentir et qu’à l’écran cela s’agite beaucoup pour pas grand chose.

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray & 4K UHD
L’édition proposée par Le Chat Qui Fume s’installe dans la collection scanavo avec fourreau de l’éditeur et reprend les codes esthétiques de l’édition de La Chevauchée des Morts-Vivants avec un visuel de Grégory Lê pour le fourreau
Le travail d’illustration est encore magnifique.
Concernant le reste de l’édition nous retrouvons la pâte graphique de Frédéric Domont qui assure, comme toujours, la si belle ligne visuelle de l’éditeur.
Image :
Le master de ce second volet de la tétralogie poursuit le petit miracle de La Chevauchée des Morts-Vivants.
C’est extrêmement propre sans jamais pour autant laisser l’image, en conservant le bruit de la pellicule qui définit reliefs et profondeurs.
Les séquences de nuit sont superbes avec des noirs profonds et un nuancier très précis dans l’obscurité, en extérieur, la précision est moins nette, là où les scènes nocturnes en intérieur sont bluffantes.
Les séquences de jour, plus rares, sont très claires et les couleurs particulièrement vives.
Le traitement Dolby Vision fait son petit effet.
Son :
La bande son DTS-HD MA 2.0 est correcte, ne sature jamais et a un bel équilibre.
La piste manque parfois de rondeur sur les voix qui sont légèrement nasillardes mais rien de bien grave.
Peut-être les pistes instrumentales auraient gagné à être plus présentes.
La VF, quant à elle, fait le travaille et surmixe un brin les dialogues.
Suppléments :
Le Chat Qui Fume est malin et a réussi à disperser toute une ribambelle de contenus d’une édition à l’autre, faisant du cinéphile un élève en pleine formation en matière de templiers maudits.
Au programme de l’édition Le Retour des Morts-Vivants :
• Souvenirs d’Amando de Ossorio avec l’actrice Loreta Tovar (10 min) :
L’actrice aborde les souvenirs qu’elle a du cinéaste, sa manière de choisir ses acteurs, de les diriger, de façon assez lointaine, et ses exigences sur le plateau.
C’est un avant tout un supplément particulièrement touchant, Loreta Tovar est émue en parlant de Ossorio.
• Le Retour des morts-vivants avec Ángel Sala (30 min) :
Ángel Sala réintroduit le film dans la période de sa sortie en plein boom de la vague « fantaterror » où les films pour échapper à la férule franquiste étaient tournés à l’étranger.
L’historien est très précis et offre une juste analyse du film, proposant de nombreuses ficelles pour comprendre ce que représente le film dans un pays où faire du cinéma fantastique est un acte de résistance.
• Films annonces
Pour découvrir Le Retour des Morts-Vivants :
https://lechatquifume.myshopify.com/products/le-retour-des-morts-vivants


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