Hôtesse dans une boîte de nuit, Ying est agressée un soir par des ivrognes qui la battent et la violent sauvagement. Cherchant à se venger, elle fait appel à un ancien membre de la triade désormais confiné dans un fauteuil roulant. Bien que réticent à l’aider dans sa quête de vengeance, il lui offre un emploi dans son bar. Mais, peu après, Ying rencontre l’un de ses agresseurs et le tue. Elle s’engage alors sur une voie de violence, entraînant dans son sillage les personnes qui l’entourent.

| Réalisateur : Lam Ngai-Choi |
| Acteurs : Siu-Fung Wong, Elaine Jin, Kelvin Wong, Ching-Ying Lam |
| Genre : Arts Martiaux, Rape & Revenge |
| Durée : 90 / 83 minutes |
| Pays : Hong-Kong |
| Date de sortie : 1988 (salles) // 2026 (Blu-Ray) |
Hong-Kong ne s’arrête plus d’investir nos salles obscures et nos salons.
Depuis le déblocage du catalogue Golden Princess, et par conséquent l’excavation de films cultes qui avaient fait rayonner Hong-Kong à la veille de sa rétrocession durant les 80s, les éditeurs français se sont donnés le mot pour faire (re)découvrir ce cinéma longtemps resté endormi.
Le Chat Qui Fume s’est lancé dans l’aventure, mettant le giallo en suspens pour s’élancer du côté du cinéma survolté HK
L’éditeur comme à son habitude sort tout autant de films cultes que d’oeuvres en dehors des sentiers battus.
De la sorte c’est le cinéma de Lam Ngai-Choi qui est exhumé actuellement, artisan du cinéma hongkongais, touchant à tous les styles avec une énergie peu commune.
Après la découverte de La Septième Malédiction, c’est au tour de Her Vengeance, Rape And Revenge croisé aux films d’arts martiaux, et The Cat, entre horreur et science-fiction, de venir chatouiller nos rétines.
Premier arrêt Her Vengeance.

Her Vengeance,
Viol, Vengeance et Chaises-Roulantes
Avec un titre tel que Her Vengeance, vous vous doutez bien que le contenu du film est clair.
Il y aura un crime, il y aura une vengeance.
Si vous êtes curieux, et que vous tombez sur l’affiche d’exploitation originale du film, cela sera encore plus clair, il y aura viol et vengeance.
Her Vengeance se dresse devant vous et il s’agit d’un Rape & Revenge.
Mais attention, Lam Ngai-Choi, qui aime reprendre les motifs du cinéma occidental, de l’aventure à la science-fiction en passant par l’érotisme, est surtout connu pour sa capacité à s’approprier les genres et à les faire moduler à la sauce bis.
Ainsi, Her Vengeance ne sera pas un simple Rape & Revenge.
Ce n’est pas possible. Ce sera différent, ce sera halluciné et hallucinant.
C’est sa classification Category III, entre autres, qui l’indique.
Contrairement à ses rivaux américains, le cinéaste hongkongais, lui, ne fait pas tarder l’arrivée du drame. Il ne s’embête pas à tout caractériser, détailler. Il use de quelques caricatures scripturales et lance le tourbillon.
Le drame, donc, a lieu dès la cinquième minute, en scène quasi-introductive, et dure très peu de temps, bien qu’il soit d’une certaine barbarie, avec un montage épileptique.
En quelques coupes, le cinéaste installe tout et peut enfin s’écarter du classique schéma du Rape & Revenge qui divise le film en deux, à savoir, une montée en calvaire aux sévices répétés puis une chute sous forme de vengeance pugnace, 45 minutes l’aller, 45 minutes le retour.
Lam Ngai-Choi, lui, propose d’offrir une vision générique des rouages sociétaux de Hong-Kong et Macao, montrer la terreur de territoires abandonnés à la vorace Chine, où les institutions se sont retirées ne laissant que les triades du quartier de Kowloon régner.
L’impuissance des victimes est surlignée, avec un service de police inexistant, et une hiérarchie criminelle répugnante.
La loi du plus fort est la norme. Il s’agira alors d’être les plus malins.
Calmez-vous, ce ne sera pas un film politique et institutionnel, Lam Ngai-Choi réalise avant tout en tant que cinéaste d’exploitation et cherche premièrement à saisir son public, le troubler et le divertir.
La vision politique d’un pays gangréné par la corruption est donc tertiaire, c’est un décorum factice, bien que présent.
Ici il y a avant tout la violence et la vengeance. Ne venez pas chercher autre chose.

Dans cet état de fait, et non plus de droit, Ying va devoir se débrouiller seule pour liquider ses agresseurs, qui par le passé avaient déjà mis à mort son paternel.
Sa seule chance, un vieil ami de la famille, ancien membre de triade, aujourd’hui cloué dans un fauteuil-roulant.
Devant eux, une bande perverse entrainée au combat.
Contrairement à La Dernière Maison Sur La Gauche ou encore I Spit On Your Grave, avec lequel Her Vengeance a une plus grande proximité, l’héroïne ne mène pas une vengeance implacable.
L’infériorité physique et numérique des personnages est pris en compte.
Les actes vengeurs sont parfois ratés et toute la narration repose sur le caractère plausible de la mise à mort… cela jusqu’à ce que le fauteuil roulant entre en scène.
C’est inventif et l’horreur se détache progressivement pour s’acoquiner avec le cinéma d’arts martiaux. Lam Ngai-Choi débarque à grands coups de tatanes. La triade ne peut l’arrêter.
Résultat, préparez-vous à des séquences d’anthologie dont un art martial cinématographique à part entière qui pourrait naître : le wheelchair-fu.
Her Vengeance est un film de genre qui ne ment jamais à son public, qui se vend comme Rape & Revenge et dépasse les limites usées du genre.
Ce n’est pas un classique, c’est une relique méconnue.
La caméra n’est pas aussi aiguisée que celles de Wes Craven ou encore Bo Arne Vibenius, mais Lam Ngai-Choi un artisan comblé qui a encore passé un genre à la moulinette, et ce, avec les honneurs.

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray
L’édition Blu-Ray de Her Vengeance se présente sous la forme d’un Scanavo avec fourreau.
Le visuel du fourreau a été réalisé par le regretté Tony Stella et est du plus bel effet.
Le reste de l’infographie et du visuel Scanavo revient à notre bien-aimé Frédéric Domont, qui est toujours d’une efficacité implacable.
Image :
Le master proposé par l’éditeur est de bonne qualité.
La restauration atteint les attentes actuelles et a une belle lisibilité lors de séquences extérieures nocturnes.
Une séquence sous filtre rouge rend particulièrement bien et donne à voir le travail minutieux de restauration avec un haut niveau de détail et un cadre parfaitement nettoyé et stabilisé.
Quelques rares séquences souffrent d’un appui sur le grain, mais c’est minime et n’entache pas l’expérience du film.
Les deux montages CAT 2B et CAT 3 ont le le même rendu.
Son :
Cantonais en DTS-HD MA 2.0
Le master cantonais 2.0 fait son travail avec des voix suffisamment présentes et claires dans le mix général, des musiques présentes mais non étouffantes et une ambiance sonore plutôt bonne bien que parfois trop criardes sur les aigus.
C’est un travail honnête et réussi, mais n’attendez pas une démo, plutôt un accompagnement.
Suppléments :
• Contient les 2 montages du film (CAT III et CAT 2B)
• Lam Ching-Ying par Fathi Beddiar (35 min) :
Comme à son habitude Fathi Beddiar sait nous mettre à l’aise, la voix grave et la diction posée.
Chez Kino Wombat on adore se trouver face à ses interventions qui sont toujours ultra référencées et passionnées et cela est encore le cas pour ce supplément autour de l’acteur Lam Ching-Ying, que nous connaissions simplement de vue mais sur qui notre regard ne s’était jamais véritablement arrêté. Une réussite.
• Film annonce
Pour découvrir Her Vengeance en Blu-Ray :
https://lechatquifume.myshopify.com/products/her-vengeance?srsltid=AfmBOorp-8aT7rmmEc4hnk4eMjEhXLUsulvbCvskPbwAGy-0jpHbEydd


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