« Le Monde des Morts-Vivants » réalisé par Amando de Ossorio : Critique et Test Blu-Ray 4K UHD

Deux jeunes femmes, un modèle et une actrice, disparaissent lors d’une campagne publicitaire en mer, près d’Alicante. Leur bateau étant tombé en panne, elles ont trouvé refuge sur un mystérieux galion fantôme apparu dans la brume. À bord, elles découvrent qu’il est habité par les templiers morts-vivants. Un groupe de secours, parti à leur recherche, monte à son tour sur le navire. Piégés dans les cales, tous doivent affronter les attaques de ces créatures maléfiques.

Longtemps resté à l’état de fantasme, la tétralogie des templiers semble progressivement se débloquer au niveau des droits internationaux.
Les fans et les curieux sont aux anges, surtout que Le Chat Qui Fume a même le luxe de sortir d’autres oeuvres d’Amando de Ossorio.

Alors la tétralogie est en chemin, mais il ne fallait pas non plus espérer que la tâche soit si aisée après de si nombreuses années à rêver.
L’an dernier sortait le quatrième opus, quoi de mieux que de commencer par la fin, et cette année 2026 nous gâte du second film ainsi que du troisième film de la saga.
Nous continuerons donc notre épopée, après avoir chroniqué le quatrième et second volet, par le troisième film de l’odyssée, à savoir, Le Monde des Morts-Vivants.

Le Monde Des Morts-Vivants, Le Hollandais Volant et autres tombes

Cette fois-ci les templiers maudits quittent la terre ferme, ils embarquent dans un gallon hanté et capturent les navigateurs errants. Dans leurs filets, deux jeunes femmes, qui, pour les besoins d’une publicité douteuse, destinée à faire vendre le modèle du petit hors-bord dans lequel elles se trouvent, avaient eu pour ordre de se perdre en pleine mer du Nord. Sans nouvelles de leur part, des proches, un professeur passionné par le mythe du galion et les producteurs de la dite publicité se rendent en pleine mer pour retrouver les actrices. Dans la brume, la forme d’un bâtiment aux voiles rongées apparait.

Il s’agit très certainement du volet de la saga le plus inspiré en matière d’atmosphère, de décors et de mythologie. En s’appropriant la légende du Hollandais Volant, en situant son récit au beau milieu des flots, Amando de Ossorio parvient à installer un climat particulièrement envoûtant et angoissant. Tout un imaginaire est convoqué. Contrairement au laborieux second volet reprenant les codes du western pour créer la terreur, ici, le cinéaste n’a qu’à cueillir le spectateur, le cadre est idéal pour une bonne frayeur.

Cependant, le cinéaste ne saute pas véritablement sur l’occasion et la nécessité d’atteindre le format exploitable des 90 minutes se fait ressentir. Les templiers ne débarquent qu’après quarante minutes d’échanges sans queue ni tête et lorsque l’horreur débarque, et bien, le spectateur, lui, est déjà bien loin dans ses pensées, ne laissant plus place à l’image pour ronger l’esprit.

Amando de Ossorio a un problème de taille… Il possède les idées mais ne sait pas les transformer et cela qu’il s’agisse de l’écriture des personnages, de la matière autour de la malédiction ou tout simplement de la présence des templiers, tout est survolé et relève de l’anecdotique. Le film perd complètement sa narration mais par chance a une botte secrète : le fait de créer un film de malédiction où le spectateur est acquis à la cause de par l’ambiance.

Ce troisième volet est particulièrement beau et soigné. Les ficelles des effets techniques transparaissent mais cela en est touchant. Les décors ont suffisamment de reliefs pour faire plonger le regard dans l’écran et surtout, le frisson, oui, le frisson dès lors que les personnages posent le pied sur le navire. Pas un frisson de terreur, non, mais un frisson de bisseux, qui accepte les défauts, les hérésies, et s’aventure avec exaltation dans une aventure maudite, hantée, à l’image du film, à l’image du cinéaste.

Le Monde des Morts-Vivants est un piètre film d’horreur mais un chouette divertissement bis. Tout y est cassé, boiteux, les templiers s’y déplacent avec une grande lenteur, marque de la saga, mais… de cette curieuse ambiance, une nébuleuse apparaît, une expérience quasi sensorielle faisant fi du chaos narratif et scénaristique, pour devenir un essai brinquebalant de cinéma fantastique gothique intrigant, tout particulièrement dans ses maladresses.

Les caractéristiques de l’édition Blu-Ray 4K UHD

L’édition proposée par Le Chat Qui Fume s’installe dans la collection scanavo avec fourreau de l’éditeur et reprend les codes esthétiques de l’édition de La Chevauchée des Morts-Vivants, mais pas le format digipack, avec un visuel de Grégory Lê pour le fourreau
Le travail d’illustration est magnifique. Il s’agit de notre visuel préféré de la tétralogie.
Concernant le reste de l’édition nous retrouvons la pâte graphique de Frédéric Domont qui assure, comme toujours, la si belle ligne visuelle de l’éditeur.

Image :

Comme sur les deux autres films de la saga, la restauration est redoutable.

Tout y est d’une grande précision et la colorimétrie est remarquable.

Le travail de piqué offre une belle profondeur de champ et s’applique également à conserver la très agréable texture 35mm. Quant au travail de nuancier sur les contrastes et couleurs c’est époustouflant. Les noirs sont profonds et la finesse de la palette permet de creuser un peu plus les détails de l’image. Les scènes de nuit sont presque plus détaillées que les scènes de jour.

Pour un film maudit et presque invisible depuis plusieurs décennies, il s’agit d’une résurrection.

Note : 9 sur 10.

Son :

Espagnol et Français en DTS-HD MA 2.0

La piste son Espagnol fait le travail, les voix paraissent parfois décollées dans le mix, plus en avant, mais cela apporte un charme rétro et n’empêche aucunement d’entrée au coeur du film. Le reste est correctement balancé et frontal.

Concernant la piste française, explorée partiellement, elle tient la route et offre un doublage d’autant plus troublant renvoyant définitivement au bis.

Note : 7 sur 10.

Suppléments :

Le Chat Qui Fume nous gâte particulièrement avec ses éditions et il est fascinant de découvrir tant d’informations sur cette tétralogie d’une édition à l’autre, ici vous trouverez un chouette voyage autour des effets spéciaux, et une présentation poussée du film. C’est chouette !

• Les Templiers errants avec Víctor Matellano (26 min)
• Les vestiges des templiers avec Antonio Garcinuno, artiste FX et historien du cinéma (17 min)
• Films annonces

Note : 7.5 sur 10.

Pour découvrir Le Monde des Morts-Vivants : https://lechatquifume.myshopify.com/products/le-monde-des-morts-vivants?srsltid=AYCX9vLLvncfDhyN-nte2gJcJ_JhSDy3MVt_1CIt3nkywA2AhM5soRUn

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