Eve et Walter Mancini, un couple voyageant à travers l’Ouest américain, prennent en stop un homme blessé qui se révèle être Adam Konitz, un dangereux criminel en fuite. Rapidement, l’autostoppeur les prend en otage et impose un climat de terreur fait de violence et d’humiliations. Sur les routes désertiques, la tension monte et la survie devient une lutte constante, le trajet se transformant en cauchemar où chacun tente de reprendre le contrôle de son destin.
Le Chat Qui Fume en cette année 2026 aime regarder les Etats-Unis depuis le vieux continent. L’Europe en train d’essayer de s’approprier sa part de Nouvel Hollywood.
Après La Chasse Sanglante, direction un autre film 70s à la violence débridée : La Proie de l’Autostop.

| Réalisateur : Pasquale Festa Campanile |
| Acteurs : Franco Nero, Corinne Clery, Franco Nero |
| Genre : Thriller |
| Pays : Italie |
| Durée : 104 minutes |
| Date de sortie : 1977 (salles) 2026 (Blu-Ray 4K UHD) |
La Proie de l’Auto-Stop, La bête sauvage entre Duel et Les Chiens Enragés
David Heiss et Franco Nero sont sur le même bateau, celui dont la barre est tenu par un certain Pasquale Festa Campanile. En seulement trois noms, on y voit déjà assez clair. Le cinéma d’exploitation à l’italienne a sorti ses titans. David Heiss, d’une part, rendu célèbre par La Dernière Maison sur La Gauche de Wes Craven mais aussi réputé pour son profil de maniaque sexuel dans La Maison au Fond du Parc de Ruggero Deodato, se trouve être en face à face avec le maître de l’Ouest Franco Nero alias le Django de Sergio Corbucci.
Maintenant imaginez ces deux monuments qui jouent dans un film qui ramène les Etats-Unis au beau milieu des Abruzzes, se prenant pour Peckinpah ou Boorman, pour jouer de violence devant la caméra d’un amoureux du film de moeurs allant de la comédie érotique au film de crimes.
Puis, enfin, ajoutez un petit grain de sel décisif, la présence de Corinne Cléry, rendue célèbre par son rôle dans Histoire d’O de Just Jaeckin.
Vous savez désormais à quoi vous attendre.
Le désert, des hommes pilotés à grands coups de testostérones, le mari violent, l’autostoppeur braqueur-tueur, et l’épouse rejetant son statut d’objet, jouant la carte de la séduction, pour se débarrasser des deux lascars, au coeur d’un triangle violent corrosif, et, bien entendu, le regard loin d’être innocent du réalisateur de La Ceinture de Chasteté.

La Proie de l’Autostop est un film qui ne se cache pas, qui est fier de sa mauvaise farce. Pasquale Festa Campanile ne cherche pas à dissimuler l’intrigue mais à jouer de balancier dans sa maudite trinité décadente, à faire en sorte que la position spectateur soit constamment inconfortable révélant constamment le caractère ordurier des personnages, et tout particulièrement les hommes.
C’est un film de chiens affamés, tout à fait amoral et exploitationnel, qui observe la manière dont les êtres sont avides. Avides de chair, de violence et d’argent. Le cinéaste fait se rencontrer les caractères les plus sombres du cinéma italien et états-uniens. Chaque scène apporte son lot de rebondissements, brinquebalants, mais suffisamment curieux pour attiser un intérêt malsain. Jusqu’où iront-ils ?
Et c’est dans ce questionnement précis que le réalisateur tire son épingle du jeu. Lorsqu’il braque le regard spectateur et le pousse constamment à la curiosité morbide. L’entrée dans ce jeu d’ultra-violence, où les pôles d’appréciation des personnages ne cessent d’être bousculés, est particulièrement didactique et capture l’appétit pour la violence de la société moderne. Le regard ne se détourne pas, la colère monte, et pourtant… le corps reste, sur le fauteuil, ne quittant pas la projection, en se demandant, mais que me veulent-ils ?
La Proie de l’Autostop fonce, à pleine vitesse, entre rape &revenge, thriller, western et farce.
La société du spectacle, celle détaillée par Guy Debord, nous a eu. Pasquale Festa Campanile en est un des émissaires, celui du spectacle grossier qui hypnotise, qui ne raconte que peu de choses, tout du moins juste assez pour faire croire à un propos, et s’amuse comme au cirque à faire rire -de manière douteuse-, frissonner, et s’engouffrer une tonne de pop-corn pour dissimuler la moindre culpabilité derrière la mécanique d’une mastication implacable.
Comme souvent, en Italie, Mario Bava a ouvert le filon, cette fois c’était en 1974 avec Les Chiens Enragés, et les clébards furibards, eux se sont jetés pour dévorer la carcasse jusqu’au dernier os. Psaquale Festa Campanile, arrive l’un des premiers face à la carcasse encore fumante, et a encore un peu de chair à exploiter avec ce La Proie de l’Autostop prenant aussi sa part sur la charogne du Duel de Spielberg, et qui annonce, avec une décennie d’avance, le tourbillon The Hitcher. Et ça, ce n’est pas rien en matière de cinéma de genre.

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray 4K UHD
Nous n’avions pas eu l’occasion de découvrir l’édition DVD d’Artus, datant d’il y a une petite dizaine d’années et il est réjouissant de voir le film revenir sur le devant de la scène, non pas simplement en Blu-Ray, mais également en Blu-Ray 4K UHD avec traitement Dolby Vision.
L’édition rejoint la gamme classique de l’éditeur avec un boitier Scanavo et un fourreau cartonné.
Le travail graphique de l’édition reprend des éléments de l’affiche originale, le tout chapeauté par notre bien-aimé Frédéric Domont.
Le film est proposé dans sa version intégrale
Image :
Le master en présence est resplendissant.
La restauration a pris en compte la texture pellicule, a peaufiné les moindres détails du cadre, possède une luminosité bluffante -et constante- et plus que cela parvient grâce à sa colorimétrie minutieuse à gratter le moindre relief pour décupler la profondeur de champ, constant flagrant en Doby Vision.
Superbe.
Son :
Italien et français en DTS-HD MA 2.0
La piste VO fait un très bon travail et a de belles dynamiques tant dans les voix que dans les envolées de Morricone.
La VF, quant à elle, respire moins mais a son charme désué.

Suppléments :
C’est le pied, Le Chat Qui Fume continue à ajouter des livrets à ses éditions Scanavo avec fourreau. Ce n’est pas à tous les coups mais lorsque cela arrive, nous sommes aux anges, même si ce dernier revient sur des éléments quelque peu ordinaire, et n’apporte pas de nouvelle matière au sujet.
Les suppléments, présents sur le disque, eux, sont pertinents et particulièrement captivants que cela soit l’intervention Neri Parenti, assistant réalisateur, revenant sur sa relation avec le cinéaste, le tournage -des lieux au casting-, et les influences du film, ou bien l’entretien en présence de la légende Franco Nero, qui est avant tout un moment de partage et de souvenirs plaisant.
Enfin l’éditeur a eu la chouette idée d’ajouter le montage censuré français du film.
• Livret écrit par Martin Beine (42 pages)
• La peur au volant avec Franco Nero (26 min)
• Sur la route du sang avec l’assistant réalisateur Neri Parenti (25 min)
• Film annonce
• Montage français du film
Pour découvrir La Proie de l’Autostop : https://lechatquifume.myshopify.com/products/la-proie-de-l-autostop?srsltid=AYCX9vLc97jdWZE8OhYYGqSU0S27XSjwKiiZu-sZiE03En_TDvIkcg49



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