Holocaust 2000 : Critique et Test Blu-Ray

Réalisateur : Alberto De Martino
Acteurs : Kirk Douglas, Simon Ward, Agostina Belli
Genre : Science-fiction, Horreur, Catastrophe
Durée : 1h42
Date de sortie (cinéma) : 1977
Date de sortie (Blu-Ray) : Octobre 2021

Synopsis : Des travaux industriels mettent au jour une inscription annonçant la venue de l’Antéchrist. D’étranges événements ne tardent pas à suivre cette découverte.

Studiocanal et Le Chat Qui Fume se retrouvent pour déterrer un titre rare et oublié : Holocaust 2000. Le film réalisé par Alberto De Martino et porté par Kirk Douglas, est depuis belles lurettes épuisé en DVD, et s’envole à des tarifs parfois prohibitifs, et tout cela dans un qualité visuelle moindre.
La renaissance du titre en HD est aujourd’hui entre nos mains et nous sommes heureux de pouvoir vous en parler.

L’article autour d’Holocaust 2000 s’articulera de la manière suivante :

I) La critique d’Holocaust 2000

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

I) La critique d’Holocaust 2000

Alberto De Martino : Bons Baisers Du Bis

Rien ne pouvait prédire le parcours d’Alberto De Martino, connu des amateurs de cinéma d’exploitation pour L’Antéchrist et Holocaust 2000.
Diplômé en droit, De Martino se retrouve au cinéma sans vraiment y avoir pris garde. Il débute en tant que figurant et deviendra acteur, peu crédité mais que l’on peut apercevoir dans L’Elixir D’Amour d’Amleto Palermi.
Cette promenade dans le cinéma lui ouvre les portes pour devenir assistant réalisateur, il travaillera ainsi en 1971 sur Il Etait Une Fois… La Révolution sous le nom de Martin Herbert.

Alberto De Martino débutera en tant que réalisateur en 1961. Sa carrière de cinéaste va se modeler en fonction des courants qui traversent l’industrie du cinéma italien chevauchant les films de gladiateurs, les péplums, les westerns, les films d’horreur ou encore la science-fiction.
Ses œuvres les plus connues en dehors de L’Antéchrist et Holocaust 2000 sont : L’Incroyable Homme Puma ou encore Le Gladiateur Invincible.

La dernière tentation

Nous sommes en 1977, les ressources naturelles viennent à manquer, de plus en plus de pays viennent à manquer de nourriture et d’eau. Le monde se divise en trois parties : bloc de l’Ouest, bloc de l’Est et Tiers-monde. Dans cette division tripartite, la conquête du Tiers Monde est un enjeu politique et économique majeur.
Robert Caine, mari de Eva Caine riche héritière d’une entreprise spécialisée dans le nucléaire et les énergies nouvelles, lance le projet hors norme de créer une centrale thermonucléaire capable de créer un niveau de chaleur semblable à celui du soleil, au beau milieu de la Cisjordanie.

Holocaust 2000 naît de la rencontre du cinéma d’anticipation, du courant fantastique et du film catastrophe, trois paysages cinématographiques en pleine explosion durant les années 70, un cinéma où l’homme devient la cause de son propre cataclysme, dépassant les éléments, franchissant les limites du physique, déclenchant ni plus, ni moins que la fin des temps. La vision de Alberto De Martino, en ce sens, devient une compilation du meilleur que nous avons pu rencontrer durant la décennie de Soleil Vert à Phase IV en passant par Rosemary’s Baby. Le cinéaste italien déjà fort d’une filmographie fleuve, et ayant navigué dans différentes eaux, réussit avec aisance à marier les horizons, faisant surgir un spectacle captivant.

En travaillant autour de la recherche d’énergies nouvelles, souhaitant rivaliser avec le cosmos et égaler la puissance de l’astre solaire, le personnage de Robert Caine, misanthrope irrévérencieux, se transforme en Prométhée moderne souhaitant dérober la lumière divine quitte à condamner son existence et celle d’une planète toute entière.
Ce procédé de guérison des peuples démunis par le mal, ne peut qu’engendrer la destruction, l’annihilation de toute vie. En souhaitant s’affranchir des limites physiques, en cherchant à rivaliser avec les dieux, l’homme se hisse vers le cosmos, empilant les déchets à la manière d’une estrade bancale prête à s’effondrer, ne laissant derrière sa chute qu’un amoncellement de cadavres calcinés.
Les problématiques écologiques sont les mêmes que nous connaissons encore de nos jours, De Martino parvient à mener justement sa barque afin de faire de son propos une réalité possible, un futur proche signant la fin de nos existences égocentristes.
Là où les puissants se gargarisent en demandant au peuple de recentrer ses efforts pour la planète, ces derniers expérimentent, créent la pollution de demain, l’apocalypse. Le jeu n’est plus à l’échelle des hommes, il prend place au pied de l’olympe, ou bien, sur le mont des oliviers, là où les demi-dieux de l’industrie rêvent de défier les astres, de se libérer des limites qui leurs sont imposées.

La malédiction

A la manière de tout homme défiant l’ordre divin, Monsieur Caine aveuglé par sa démesure arrogante, n’écoute plus les mises en garde, le sang coule, les larmes ruissellent le long des caniveaux et l’hystérie s’évade des asiles pour conquérir la décadence de nos sociétés.

De Martino trace le seau maudit au cours d’un jeu de piste fascinant et tel un magicien sait saisir notre regard pour mettre en place dans l’obscurité les artifices qui raviront nos mirettes, le réalisateur nous embarque à une vitesse folle dans son étonnante intrigue, qui nous fait penser au postérieur La Neuvième Porte de Roman Polanski. Tout en rebondissements, le film à la manière du cinéma italien d’exploitation devient tentaculaire avec une pluralité de sentiers plus ou moins bien travaillés dont un seul pourra nous mener à la vérité. Le cinéaste parvient à nous prendre au piège de ce film qui ne cesse de stupéfier et se révéler comme une supernova anticosmique.

Les forces en présence dépassent l’ordre humain. Monsieur Caine est au pied du mur, ne sachant jamais interpréter ou écouter les signaux qui prédisent la Malédiction qui emportera l’humanité.

L’antechrist est à nos portes et la question qui semble effrayer l’humanité en cette décennie ayant connu La Malédiction, Rosemary’s Baby ou encore l’Antechrist, se voit couronner grâce à cette vision où la fin des temps se dessine, où l’enfant maudit foule nos terres.

La bible, Jesus, l’ordre cosmique, l’autodestruction, l’apocalypse, le diable, tant de concepts qui hantent nos pensées depuis des millénaires que le film réussit, se configurant comme un divertissement hypnotique, à faire danser avec aisance.

Néanmoins, dans cette dernière parade face au coucher de soleil de l’holocauste, où les doutes et les songes naissent, Holocaust 2000 bâtit une architecture qui le dépasse dans sa conclusion, se terminant dans un écrin faussement auteurisant que l’on aurait préféré plus démonstratif, à l’image d’un film qui tout du long malgré les moyens modérés du tournage avait su offrir une mise en scène très réussie où le sang n’hésitait pas à déchirer la chair, où les visions chevauchaient un onirisme à la fois fascinant et cauchemardesque.

Le père, le fils et l’esprit damné

Holocaust 2000 tient ses promesses d’une part grâce à la direction de De Martino mais également par la présence d’un casting qui nous porte de la première à la dernière minute, nous faisant oublier nos préoccupations pour plonger dans cette enquête apocalyptique furieuse.

Kirk Douglas, bien que déjà vieillissant, maîtrise sa palette d’émotions de l’insolente bourgeoisie aux crises de démences le renvoyant aux cris primaires, originels, bien avant que la parole ne naisse. Une performance qui trouve écho face à l’étrange regard angélique de Simon Ward, fils prodige, marchant dans les pas d’un père autodestructeur.
Face à ce duo qui questionne et porte le caractère mystérieux de l’oeuvre, la présence éclair de Virginie McKenna et la prestation tout en faux-semblant de Agostina Belli, ne cessent de semer le doute dans notre appréciation du récit, ouvrant les pistes à la manière d’un labyrinthe aux mille impasses.

Un ensemble qui se trouve assemblé par la partition d’Ennio Morricone, qui colle au récit avec justesse et guide nos esprits entre frissons et hallucinations dans ce jeu de piste obsédant qu’est Holocaust 2000.

Holocaust 2021

Holocaust 2000 est un divertissement généreux qui semblable au dragon à sept têtes de l’apocalypse se fait oeuvre chimérique convoquant cinéma d’horreur, catastrophe, drame, anticipation et enquête. Un récit tout en fausses pistes qui intrigue et interpelle, où l’on se plaît à s’abandonner à la quête autodestructrice de Robert Caine, derrière les traits d’un fascinant et névrosé Kirk Douglas.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

Image :

Note : 8 sur 10.

Le master proposée pour Holocaust 2000 est très satisfaisant avec un travail autour du piqué affiné laissant apportant une véritable profondeur aux paysages, révélant la nature chargé de certains intérieurs et dessinant finement les visages des acteurs.
Quant à la colorimétrie, sans jamais être trop appuyé, permet d’offrir de belles nuances, un travail qui grâce à une adroite gestion des contrastes offre au film une véritable modernité.
Quelques traces éparses sont en présence, mais rien d’alarmant.

Son :

Note : 7 sur 10.

Deux pistes sont proposées :

  • Français : La piste DTS-HD MA 2.0 mono est assez bien équilibré, cependant les doublages d’époque résonnent légèrement et prennent par moment le dessus sur le mix général, perdant quelque peu l’atmosphère général du film, au profit des dialogues. Certains effets sonores restent criards.
  • Anglais : La piste DTS-HD MA 2.0 mono anglaise est la plus recommandable. Les voix a de rares moments fluctuent, et certains effets sonores restent criards. Néanmoins, nous sommes portés avec confort dans le récit d’Holocaust 2000, et ces quelques points sont de l’ordre du détail.

Suppléments :

Note : 7.5 sur 10.

• L’Antéchrist nucléaire avec Alberto de Martino (16mn30)

Un entretien avec le cinéaste qui revient sur les origines du projet, le casting et les conditions dans lesquels le film a pu naître, entre visions et ressentis. Le cinéaste prend le temps d’éclairer le spectateur autour des différentes influences qui ont permis de construire le récit d‘Holocaust 2000.
De nombreuses anecdotes viennent nourrir le récit du tournage, venant à nous faire savourer un peu plus le film.
• Holocaust 2020 avec Massimo Foschi (22 minutes)

Massimo Foschi, acteur, donne son point de vue sur l’oeuvre, et raconte sa collaboration avec Alberto De Martino ainsi que les autres acteurs.
Un entretien prenant qui vient compéter à merveille l’interview avec Alberto De Martino. Deux suppléments inséparables pour vivre pleinement Holocaust 2000.

• Fin alternative du montage américain (6 min)

Une fin bien plus « explosive » et démonstrative que la conclusion originale du film. Deux clôtures pour Holocaust 2000 qui laissent au spectateur le choix du réel ou de l’imaginaire.
• Film Annonce
• La musique du film en CD par Ennio Morricone

Note Générale :

Note : 7.5 sur 10.

L’édition proposée par Studiocanal et Le Chat Qui Fume est de très bonne facture faisant (re)découvrir Holocaust 2000, chimère cinématographique de sa décennie allant de l’horreur au thriller en passant par le récit d’anticipation surnaturel, mettant le talent d’Alberto De Martino au premier plan.
Le master que nous propose l’éditeur est très satisfaisant avec une image pointilleuse, offrant de belles profondeurs ainsi que des couleurs minutieusement ajustées. La piste sonore, quant à elle, permet un confort de visionnage réel, venant nous emprisonner au coeur de ce récit casse-tête où la musique de Moriconne semble ricocher sur la moindre surface.
Enfin, les suppléments permettent de prolonger l’expérience du film en compagnie du réalisateur ainsi que de l’un des acteurs.
Pour les plus curieux une fin alternative vous attend, tout comme de nombreuses heures en compagnie de la bande originale.

Le film est disponible juste ici :
https://www.lechatquifume.com/collections/precommandes/products/holocaust-2000

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