« Marama » réalisé par Taratoa Stappard : Test Blu-Ray

Synopsis : Dans les landes désolées du Yorkshire du Nord en 1859 à l’époque de l’Angleterre Victorienne, Mary Stevens, une femme māorie en quête de vérité sur ses origines, rejoint le manoir Hawkser. Entre les couloirs lugubres, apparaissent alors d’ancestrales visions qui révèlent peu à peu un mystère terrifiant.

Ce fut l’une des grandes surprises du cinéma horrifique de l’année, le premier film gothique Maori. Taratoa Stappard pour son premier long-métrage tisse une réflexion entre son histoire familiale et les codes de la folk horror.

Du coté de Kino Wombat, nous fûmes enthousiastes devant cette sortie en salles et sommes ravis de revenir autour du film pour décortiquer l’édition Blu-Ray tout juste parue du côté de l’éditeur Blaq Out.

Réalisateur : Taratoa Stappard
Acteurs : Ariāna Osborne, Toby Stephens
Genre : Horreur, Drame
Pays : Nouvelle-Zélande
Durée : 89 minutes
Date de sortie :
22 avril 2026 (salles)
11 septembre (Blu-Ray)

Haka Macabre

Il est un proverbe Maori que j’apprécie particulièrement : « Hurihia to aroaro ki te ra tukuna to atarangi kia taka ki muri i a koe » (« Tourne-toi vers le soleil, ton ombre sera derrière toi ») et qui correspond merveilleusement à ce premier long métrage d’horreur gothique que j’espérais avec une vive impatience. Il est idoine au film de Taratoa Stappard pour la simple et bonne raison que Mārama, protagoniste principale, cherche à affronter son histoire personnelle et familiale afin de se libérer de ses entraves et retrouver la paix en comprenant d’où elle vient mais surtout qui elle est, ce manque d’information quant à sa généalogie pouvant s’avérer être une des pires aliénations qui soit et l’empêcher d’avancer.

Les inspirations pour Mārama sont nombreuses et parfois audacieuses : on pense bien sûr à Midsommar d’Ari Aster (la hutte qui brûle), à The VVitch de Robert Eggers (le personnage féminin fort), aux Innocents de Jack Clayton (l’ambiance gothique cauchemardesque et les visions) , à Get out de Jordan Peele (la dominance d‘une culture sur une autre) ou encore au film de Béla Tarr les harmonies Werckmeister (la Baleine), et bien sûr à La leçon de Piano de Jane Campion (les costumes).

Cette proposition viscérale, inspirée et inspirante,  qui trouve donc ses origines dans la culture Maori, suinte l’originalité par tous les pores et réinvente indubitablement le genre horrifique par sa singularité alors que le cinéma néo-zélandais apparait encore comme trop confidentiel en Europe.
En effet , la Nouvelle Zélande est plus connue des cinéphiles pour ses lieux de tournages (le Seigneur des anneaux en est l’exemple le plus flagrant) que pour sa filmographie, pourtant incroyable, L’âme des guerriers de Lee Tamahori en tête.

Le cinéma néozélandais est empreint de violences,soufflant toujours sur les braises fumantes de la colonisation européenne du XVIIIème siècle avec James Cook, capitaine de la Royal Navy britannique, et second européen à fouler les terres tribales après Abel Tasman.
Les traces du passé sont ancrées dans le cœur de ce peuple marqué à jamais par d’indicibles souffrances.
Mais alors Mārama est-il simplement un film d’horreur pour divertir ou bien un pan réel de l’histoire que l’on préférerait oublier?

L’analyse complète : https://kinowombat.com/2026/06/01/marama-realise-par-taratoa-stappard/

Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

Quelle chance ! Oui, quelle chance !

Pour une fois l’éditeur n’a pas fait l’impasse sur le format Blu-Ray et est sorti de son espace DVD. Blaq Out qui avait opéré pleinement le chemin vers le HD il y a quelques années fait marche arrière ces depuis quelques temps. Et pourtant ce n’est pas les grands films qui manquent dans leurs catalogues.

Alors célébrons notre chance que de pouvoir découvrir Marama, oeuvre à l’esthétisme enivrant et effrayant.

Image :

C’est un véritable petit mirage.

Ne ratez pas l’édition de Marama qui transformera le temps d’une séance votre écran en tableau. La profondeur de champ, le niveau de détails et la finesse colorimétrique font du film une petite vitrine technique.

Les tissus resplendissent. La lumière joue une valse entre la froideur de la Nouvelle-Zélande et l’envoutante chaleur du désir de vengeance. Les nuanciers s’opposent, se rencontrent, s’unissent et se transcendent. C’est particulièrement fin et pictural.

Note : 10 sur 10.

Son :

Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 Stéréo

Tout comme pour le master image, le master son est particulièrement solide.

Nous avons pour notre part essayé le master 5.1 qui use de tous les canaux pour créer une belle couverture sonore, amenant merveilleusement les différentes atmosphères et parvenant à accompagner le film progressivement vers le fantastique avec une palette d’effets progressifs et incisifs.

L’équilibre entre les fréquences juste n’écrasant jamais la bande-son, laissant respirer les voix.

Note : 10 sur 10.

Suppléments :

L’édition plutôt simple reste particulièrement solide en matière de suppléments avec un entretien en compagnie du cinéaste et un court-métrage du réalisateur :

  • Entretien avec Taratoa Stappard :

Il s’agit d’un entretien absolument incontournable pour comprendre l’origine du film et le lien si particulier qui est tendu entre le réalisateur et sa création. Marama s’avère être un film particulièrement personnel.

  • Taumanu réalisé par Taratoa Stappard :

Commencez vos visionnage par ce court-métrage qui engage le geste du cinéaste et permet une entrée intrigante dans son univers maori.

Note : 8 sur 10.

Pour découvrir Marama en Blu-Ray :

https://store.potemkine.fr/dvd/3512394016293-m-rama-taratoa-stappard

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